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FILM MUET
Le cinéma était un langage visuel, une façon de raconter des histoires en projetant des images sur un écran à deux dimensions. L'addition du son et de la couleur avait créé l'illusion d'une troisième dimension mais, en même temps, elle avait dérobé aux images leur pureté. Ce n'était plus à elles qu'incombait tout le travail et au lieu de faire du film le parfait médium hybride, le meilleur des mondes possibles, le son et la couleur avaient affaibli le langage qu'ils étaient censés améliorer.
Je regardais un art défunt, un genre tout à fait mort qui plus jamais ne serait pratiqué. Et pourtant malgré toutes les transformations quis'étaient produites entre-temps, leur travail était aussi frais et vivifiant que lors des premières projections.
C'était dû au fait qu'ils avaient compris le langage qu'ils parlaient. Ils avaient inventé une syntaxe de l'oeil, une grammaire de pure gestuelle et, à part les costumes, les voitures et les mobiliers désuets à l'arrière-plan, rien de tout cela ne pouvait veillir. C'était de la pensée traduite en action, la volonté humaine s'exprimant par le truchement du corps humain, et par conséquent, c'était de tous les temps.
L'écran plat était l'univers, et il existait en deux dimensions. La troisième dimension naissait dans notre tête.
Paul Auster
Retrouve-t-on cet état dans la lecture ??
la lecture est un contact entre les mots de l'auteur, ma sensibilité (qui passe parfois par mon affect), mon imagination. Selon l'auteur (Stephen Zweig entre autre) je suis transportée au-delà de ma propre perception. C'est génial lorsque cela arrive
Calumette
Le cinéma était un langage visuel, une façon de raconter des histoires en projetant des images sur un écran à deux dimensions. L'addition du son et de la couleur avait créé l'illusion d'une troisième dimension mais, en même temps, elle avait dérobé aux images leur pureté. Ce n'était plus à elles qu'incombait tout le travail et au lieu de faire du film le parfait médium hybride, le meilleur des mondes possibles, le son et la couleur avaient affaibli le langage qu'ils étaient censés améliorer.
Je regardais un art défunt, un genre tout à fait mort qui plus jamais ne serait pratiqué. Et pourtant malgré toutes les transformations quis'étaient produites entre-temps, leur travail était aussi frais et vivifiant que lors des premières projections.
C'était dû au fait qu'ils avaient compris le langage qu'ils parlaient. Ils avaient inventé une syntaxe de l'oeil, une grammaire de pure gestuelle et, à part les costumes, les voitures et les mobiliers désuets à l'arrière-plan, rien de tout cela ne pouvait veillir. C'était de la pensée traduite en action, la volonté humaine s'exprimant par le truchement du corps humain, et par conséquent, c'était de tous les temps.
L'écran plat était l'univers, et il existait en deux dimensions. La troisième dimension naissait dans notre tête.
Paul Auster
Retrouve-t-on cet état dans la lecture ??
la lecture est un contact entre les mots de l'auteur, ma sensibilité (qui passe parfois par mon affect), mon imagination. Selon l'auteur (Stephen Zweig entre autre) je suis transportée au-delà de ma propre perception. C'est génial lorsque cela arrive
Calumette
calumette-
Age: 56
Date d'inscription: 09/04/2006
Re: Dimension
extraits de Stephan Sweig
Tout est profondément calme. Envahi par une douce et vague mélancolie, le promeneur ne perçoit que ce bruit indéfinissable du silence dans un jardin, ce bourdonnement vibrant qui vous fait croire au bruissement d’une pluie fine tombant sur le gazon ou au susurrement aigu des brins d’herbe glissant l’un contre l’autre. Parfois il frôle un arbre ou s’arrête pour écouter ce bruit fugitif.
Tout à coup, au moment où il s’enfonce plus avant dans l’obscurité, quelque chose d’étrange se produit. Le gravier crisse légèrement derrière lui. Et comme il se retourne, effrayé, il aperçoit juste une grande forme blanche qui, tel un feu follet, s’avance dans sa direction.
----
Il y avait aussi de l'agitation là-haut dans le vent, qui secouait si violemment les maigres arbres encore tout mouillés par la pluie, que leurs articulations craquaient doucement et que mille gouttelettes en jaillissaient, comme des étincelles. Parfois aussi le parfum de la neige semblait apporter sa fraîcheur du haut des montagnes ; alors on sentait dans sa respiration quelque chose qui était à la fois doux et piquant. Tout dans l'air et sur la terre était mouvement, bouillonnement et impatience. Maintenant qu'ils dévalaient la pente du chemin, les chevaux couraient en soufflant légèrement et le tintement de leurs grelots s'entendait de très loin.
--
le chant des mots pour le plaisir de les entendre en les lisant
Calumette
Tout est profondément calme. Envahi par une douce et vague mélancolie, le promeneur ne perçoit que ce bruit indéfinissable du silence dans un jardin, ce bourdonnement vibrant qui vous fait croire au bruissement d’une pluie fine tombant sur le gazon ou au susurrement aigu des brins d’herbe glissant l’un contre l’autre. Parfois il frôle un arbre ou s’arrête pour écouter ce bruit fugitif.
Tout à coup, au moment où il s’enfonce plus avant dans l’obscurité, quelque chose d’étrange se produit. Le gravier crisse légèrement derrière lui. Et comme il se retourne, effrayé, il aperçoit juste une grande forme blanche qui, tel un feu follet, s’avance dans sa direction.
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Il y avait aussi de l'agitation là-haut dans le vent, qui secouait si violemment les maigres arbres encore tout mouillés par la pluie, que leurs articulations craquaient doucement et que mille gouttelettes en jaillissaient, comme des étincelles. Parfois aussi le parfum de la neige semblait apporter sa fraîcheur du haut des montagnes ; alors on sentait dans sa respiration quelque chose qui était à la fois doux et piquant. Tout dans l'air et sur la terre était mouvement, bouillonnement et impatience. Maintenant qu'ils dévalaient la pente du chemin, les chevaux couraient en soufflant légèrement et le tintement de leurs grelots s'entendait de très loin.
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le chant des mots pour le plaisir de les entendre en les lisant
Calumette
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Age: 56
Date d'inscription: 09/04/2006
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