Je me souviens...
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Je me souviens...
de ce 11 septembre 2001.
En cette période, j'avais peur. Peur de mon propre devenir. Cela faisait presque deux années que j'étais revenu chez ma mère. Et non tout à fait quatres mois (je crois) que j'avais signé ce contrat d'insertion rmi. J'étais dedans, dans ma peur, dans mon nombril. Rien n'avançait. J'étais dépressif et dans le même temps j'apprenais à vitesse grand V presque frénétiquement pour réaliser ce qui finirait bien par me sauver... "en y mettant un coup !"...
Je me souviens surtout de l'année suivante. Un an après, ce même jour, je suis resté figé comme un connard - pour respecter les innocents morts et disparus d'une guerre aliénante - durant cette fameuse minute de silence. Droit, dans le salon chez ma mère, devant la télévision, les yeux perdus et le cerveau compatissant.
Je dessinais, je programmais, je planifiais, et puis je réalisais aussi mon amour pour elle. Durant toute cette période, je ne fréquentais pas Reims Web. J'allais sur d'autres forums ; du web développement au graphisme en passant par les sites de tutoriaux. J'expérimentais et je participais activement à un forum de dessinateurs. Mais dans la vie quotidienne, ça n'allait pas. J'étais seul, et mon désir de former un collectif s'échappait à mesure que le temps passait. Plus rien n'était maîtrisable et la menace de perdre mes droits pointait davantage que le fait d'avoir le choix d'essayer sa vie pour voir ce qui se passe.
Ce jour du 11 septembre 2001, je ne sais plus si j'étais amoureux. Je n'étais plus là de toute façon. Ma vie était celle d'un automate, comme celle d'aujourd'hui. J'allumais la télévision après m'être levé et puis j'ai vu. Des colonnes de fumée, je ne réalisais pas tout de suite. Disons qu'il s'est écoulé bien cinq secondes avant de croire tout New York enflammé, tellement le monde devenait noir. Je ne suis pas resté stupéfait bien longtemps, malheureusement. C'est monté, de l'adrénaline d'un seul coup m'a envoyé dans cette minable frénésie. Le corps n'en pouvait plus, la gorge pissait sa joie comme "Viens voir, c'est incroyable, ce qui se passe est incroyable, viens voir tout de suite... vite... viens voir... vite, vite... dépêche-toi"... quel connard. Comme si tout allait être oublié, perdu, vaporisé dans l'instant même de ne pas y croire. Comme si le monde était capable d'oublier ses morts. Non... non... non, n'est-ce pas ? Un monde humain, ça n'oublie jamais ses morts... hein ? Et ça vient toujours en aide aux victimes, bien sûr. "Vite" comme si, après ça, qu'il fallait s'empresser, se hâter de prendre connaissance d'un univers jusque là ignoré jusque dans la haine. Ce qui, à partir de ce jour, donnait beaucoup de matière à penser dans toutes les consciences...
En cette période, j'avais peur. Peur de mon propre devenir. Cela faisait presque deux années que j'étais revenu chez ma mère. Et non tout à fait quatres mois (je crois) que j'avais signé ce contrat d'insertion rmi. J'étais dedans, dans ma peur, dans mon nombril. Rien n'avançait. J'étais dépressif et dans le même temps j'apprenais à vitesse grand V presque frénétiquement pour réaliser ce qui finirait bien par me sauver... "en y mettant un coup !"...
Je me souviens surtout de l'année suivante. Un an après, ce même jour, je suis resté figé comme un connard - pour respecter les innocents morts et disparus d'une guerre aliénante - durant cette fameuse minute de silence. Droit, dans le salon chez ma mère, devant la télévision, les yeux perdus et le cerveau compatissant.
Je dessinais, je programmais, je planifiais, et puis je réalisais aussi mon amour pour elle. Durant toute cette période, je ne fréquentais pas Reims Web. J'allais sur d'autres forums ; du web développement au graphisme en passant par les sites de tutoriaux. J'expérimentais et je participais activement à un forum de dessinateurs. Mais dans la vie quotidienne, ça n'allait pas. J'étais seul, et mon désir de former un collectif s'échappait à mesure que le temps passait. Plus rien n'était maîtrisable et la menace de perdre mes droits pointait davantage que le fait d'avoir le choix d'essayer sa vie pour voir ce qui se passe.
Ce jour du 11 septembre 2001, je ne sais plus si j'étais amoureux. Je n'étais plus là de toute façon. Ma vie était celle d'un automate, comme celle d'aujourd'hui. J'allumais la télévision après m'être levé et puis j'ai vu. Des colonnes de fumée, je ne réalisais pas tout de suite. Disons qu'il s'est écoulé bien cinq secondes avant de croire tout New York enflammé, tellement le monde devenait noir. Je ne suis pas resté stupéfait bien longtemps, malheureusement. C'est monté, de l'adrénaline d'un seul coup m'a envoyé dans cette minable frénésie. Le corps n'en pouvait plus, la gorge pissait sa joie comme "Viens voir, c'est incroyable, ce qui se passe est incroyable, viens voir tout de suite... vite... viens voir... vite, vite... dépêche-toi"... quel connard. Comme si tout allait être oublié, perdu, vaporisé dans l'instant même de ne pas y croire. Comme si le monde était capable d'oublier ses morts. Non... non... non, n'est-ce pas ? Un monde humain, ça n'oublie jamais ses morts... hein ? Et ça vient toujours en aide aux victimes, bien sûr. "Vite" comme si, après ça, qu'il fallait s'empresser, se hâter de prendre connaissance d'un univers jusque là ignoré jusque dans la haine. Ce qui, à partir de ce jour, donnait beaucoup de matière à penser dans toutes les consciences...

ThY'D- Boulet
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Age: 35
Date d'inscription: 08/03/2005
Re: Je me souviens...
Durant toute cette période, je ne fréquentais pas Reims Web.
Super intéressant, et moi je ne fréquentais pas le forum du catalogue de la redoute. Qu'est ce qu'on en a à foutre bordel !!!!


AMSTRAMGRAM- Gourou
-
Age: 38
Date d'inscription: 28/09/2004

Re: Je me souviens...
Pourtant y'a de belles images sur certaines pages



solanar- Maitre du Moaï
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Age: 70
Date d'inscription: 28/09/2004

Re: Je me souviens...
Oui c'est bizarre mes repères spatio temporels ont changé depuis. C'est même plutôt grave quand je m'en rends compte. Je suis toujours réduit... et je n'avance pas d'un pouce. Mon évolution est superficielle. Mais tu as raison, des éléments viennent perturber mon esprit, un peu comme dans un rêve où les objets ne persistent pas et viennent improviser ce qui doit se décharger.

ThY'D- Boulet
-
Age: 35
Date d'inscription: 08/03/2005
Re: Je me souviens...

j'voudrai pas paraître impolie mais : on s'écarterait pas un brin de l'idée du départ là


betty boop-
Age: 61
Date d'inscription: 11/06/2005

Re: Je me souviens...
si, carrément, betty, ces photos de sacs retourneraient bien dans images délirantes...
mais comme j'ai peur de faire une gaffe en divisant-recollant le sujet, je vais laisser le grand gourou le faire
mais comme j'ai peur de faire une gaffe en divisant-recollant le sujet, je vais laisser le grand gourou le faire


amandine- Fouine
-
Age: 30
Date d'inscription: 28/09/2004

Re: Je me souviens...
tu es comme moi : prudente quant aux manipulations !! 
betty boop-
Age: 61
Date d'inscription: 11/06/2005

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