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Je dois dire...

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Je dois dire...

Message par ThY'D le Ven 29 Juin - 23:59

... que la vie me réserve encore sûrement bien des surprises. Comment dois-je écrire, ce soir. Comme d'habitude, je n'écrirai pas, je dévalerai simplement la pente jusqu'à ce que ça s'arrête. Mais ça ne s'arrête jamais. Et je ne sais pas dans quel sens se trouve la pente. Je ne sais pas s'il faut la dévaler avec des bâtons de skieur ou sans les mains comme un snowboardeur ? Ou bien y grimper avec un bâton de berger ou bien avec les mains comme Alain Robert ?

Je ne sais pas y répondre à ce genre de questions. Papa, il me manque un papa. Mais ce n'est pas grave, vraiment, je sais très bien m'en passer. A trente ans, ça serait vraiment malheureux de pleurer un père qu'on a pas. Ce n'est pas grave. J'apprends à l'être, ce père. Un père cool, à l'écoute, salvateur, un vrai pote. Un père pote, c'est ce que j'aimerais être. Un père qui n'impose pas sa méconnaissance du monde, mais qui l'interroge à l'image de son enfant. Un père qui n'a pas honte de dire qu'il ne sait pas. Que ce n'est pas parce qu'il a... ou donnera vie, qu'il sait comment ça marche, la vie. Et que le reste, et bien se trouve en chacun de nous, en toi, en moi, et au delà : il restera toujours ce qu'on ignore, ce qu'on ne sait pas, ce qui ne viendra jamais à nous. Bien des questions resteront à jamais sans réponse. Et ce n'est pas plus mal. D'abord, faut-il vivre perpétuellement dans la question ? Ce type de gens finissent pas m'agacer. Comme si l'humain se réduisait à la méthode, au cadre, au rasoir d'Occam, à l'illimité que l'on délimite pour ne pas tomber dans l'inconnu. Comme si la règle était justement proprement humaine. Pourtant, la vie en elle-même fonctionne comme un jeu qui ne cesse son évolution.

Un jeu dans l'univers, la vie. Ca dépasse tout entendement. L'univers, cette chose qui n'est pas une chose, ce grand tout qu'on ne peut même pas réduire à l'onde et la matière qui en résulte, bien plus qu'un procédé numérique, voit en son sein se développer un organisme polymorphe et lui même plutôt indéfinissable qu'on appelle la vie : dont la finalité première est de ne pas avoir de fin. Pour cela, celui de se répandre partout où la possibilité le donne et de revêtir autant de formes possibles pour que l'environnement permette au immarcescibles organismes vivants d'évoluer d'une façon pragmatique avec tout ce qui fait un monde. Façonner. De nombreuses pensées interrogent le sculpteur. Certaines immaginent un Dieu comme étant l'ultime constat qu'il n'y a pas d'autre réponse à dire. D'autres parlent plutôt d'une Âme dont on ne pourra jamais en saisir que la matière animée et vivante, que ce que l'on perçoit en tant qu'étant soi-même une chose... peut-être déjà surnaturelle, si ce n'est que la culture en est inclue. Pourquoi avoir besoin d'une conscience singulière et si commune si ce n'est pour, au delà de vivre dans le choix comme les sociétés nous l'imposent, prendre conscience d'enjeux plus essentiels encore ? Est-ce vraiment un hasard que l'homme soit ce qu'il est ? La vie ne va t elle pas naturellement vers la recherche de la conscience et donc ne tend t elle pas à formuler évidemment inconsciemment de par les règles de survie des êtres de plus en plus conscients d'eux mêmes et de leur environnement ? Je ne sais pas. Pas plus que la technologie ne nous permet de mieux comprendre ce qui se passe. Si ce n'est encore que la technique se trouve être l'humain dans sa forme certainement la plus aigue, la plus évidente, la plus visible. La technique dépend étroitement des règles de la vie. Sans vie, pas de non vie. Finallement.

Je vois.
Une femme s'éloigner. Une grande personne, vraiment. Simple et... inaccessible, quelque part. Je vois quelqu'un dans ma vie qui s'en va. On s'aime encore, j'en suis sûr. Elle est en soi un itinéraire à aller. Mais, je l'ai étouffé. Trop peur, pour plusieurs raisons, de la perdre. Peur, parce que mon corps ne réagissait pas à ce qui pour moi était nouveau. J'ai vécu tant d'années sans amour, sans femme, sans me sentir aimé : que rien ne venait, "rien" se devait alors de devenir un tout à créer. Pas le temps. Le temps... de prévenir. Dire qu'en réalité, je reviens de loin, que je ne suis pas tout à fait commun, que l'autisme pour moi n'était plus si loin. Que si j'ai du mal à imprimer même les éléments de ma propre ville, si dans un premier temps j'ai besoin de croire ce que je vois en touchant, ce n'est pas de ma faute. Je suis rester trop d'années dans le noir. Mon corps, surtout, ne réagit plus vraiment à la douceur d'un amour. Il doit revenir doucement à la vie. Ca devait arriver. Je n'aurais pas la chance de connaître la mâturité d'une promiscuité amoureuse et plus largement humaine avec elle. Etre aimé, c'est encore trop vague pour moi. M'aime t elle encore ? Ressentira t elle à nouveau quelque chose pour moi ? De quoi prendre la main d'une créature pour vous emmener dans les abysses du grand océan dans lequel nous baignons tous.

Je ne comprends pas pourquoi nos étoiles s'étiolent. Pourquoi elles finissent par mourir. Pourquoi l'univers lui même finira par plus qu'un recommencement. Comme quelque chose qui bat : "boum boum, boum boum, boum boum, boum boum"...

- Dit papa, et si l'univers c'est un coeur qui bat ?

- Alors mon fils, nous sommes le sang qui l'irrigue, et le big bang n'est qu'un battement parmi bien d'innombrables autres battements. Nous sommes peut-être au coeur d'un papillon...

Et le papillon finit toujours par s'envoler.


ThY'D
Boulet

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Date d'inscription: 08/03/2005

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