Live 8
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Live 8
G8
Live 8, dix grands shows pour refaire le monde.
A l'initiative de Bob Geldof, des concerts ont lieu ce samedi sur toute la planète pour pousser le G8 à tenir ses promesses pour les pays pauvres. Surtout l'Afrique.
Par Armelle THORAVAL
samedi 02 juillet 2005 (Liberation - 06:00)
Londres de notre correspondante
l n'y avait pas d'Internet, pas de blog, pas de possibilité de rester branché en permanence pour regarder U2, Tina Turner, Phil Collins, Mike Jagger ou David Bowie se mobiliser contre la famine en Ethiopie. Vingt ans après le Live Aid de juillet 1985, Bob Geldof, l'ex-chanteur irlandais des Boomtown Rats, espère jusqu'à 5 milliards de téléspectateurs pour sa giga-machinerie de dix concerts qui débutera, décalage horaire oblige, à Tokyo, samedi après-midi heure locale. Lancée le 31 mai, comme un ultime moyen de pression sur les leaders du G8 qui se réunissent du 6 au 8 juillet à Gleneagles, avec un sujet principal, l'aide à l'Afrique, la grosse batterie mondiale devait au départ comporter cinq concerts dans le monde. On en est à dix ce samedi, plus un en clôture le 6 juillet, jour d'ouverture du G8.
Rouleau compresseur. C'est du lourd, en millions de disques vendus. De la vieille valeur sûre Paul McCartney, les Pink Floyd réconciliés, Elton John et Annie Lennox, REM, Neil Young, U2 et Bono, le complice de Geldof et du moins vieux, comme Chris Martin, en figure de la jeune génération impliquée avec Coldplay, Ms Dynamite, Razorlight, Kaiser Chiefs ou The Killers. Le rouleau compresseur est en marche, qui mixe pop et rock-stars, efficacité des «charities» anglaises et monde politique rompu à la com et au marketing. Pas un Britannique ne pourra prétendre ignorer le slogan choc de la campagne : 30 000 enfants meurent chaque jour en Afrique d'extrême pauvreté.
Le lancement, le 31 mai, a été sacrément bordélique. La sono n'était pas au point. Le duplex avec le maire de Philadelphie a quasiment foiré. Bob Geldof s'est plus ou moins énervé sur l'affiche prévue à Paris, en se demandant ce qu'y faisait Johnny Hallyday. Idem à Rome. Geldof a prononcé moins de «fucking»... que d'habitude. Le tout attestait d'une sorte d'urgence et d'impréparation compassionnelle et passionnée, collant avec l'histoire telle qu'elle restera écrite : Bono, le chanteur de U2, et Richard Curtis, producteur, scénariste, vingt ans d'engagement pour la cause de la pauvreté et de l'Afrique à travers Comic Relief, auraient convaincu à la dernière minute Geldof de relancer la grande machine du rock-pop humanitaire pour faire pression sur les leaders mondiaux du G8 réunis en Ecosse. Et «réveiller» les consciences mondiales. Il n'en voyait pas l'utilité, ne voulait pas refaire l'appel charitable de 1985, à-votre-bon-coeur et à vos portefeuilles. Puis, il y a vu l'intérêt d'une démonstration plus politique.
Polémiques. C'était prévisible. D'abord salué, le Live 8 est devenu objet de polémiques. Le groupe Oasis a décliné. Noel Gallagher, son compositeur : «Je ne suis pas convaincu par Live 8. Est-ce qu'un businessman japonais va regarder Keane [sur la scène de Hyde Park] et penser "ouah, nous devrions vraiment effacer cette dette "?» Mais l'essentiel des tirs a concerné le paradoxe qui consiste à vouloir soutenir l'Afrique en ignorant ses musiciens. Accusé de jouer à l'homme blanc qui veut le bien des pauvres nègres, mais sans eux, Geldof a maintenu le cap avec colère. Sur le thème : ce n'est pas avec des musiciens africains inconnus qui ne vendent pas de disques qu'on va faire monter la pression. L'argument cynique a fini par s'épuiser. Johannesburg et un concert purement africain dans les Cornouailles, à l'Eden Project, sous l'aile de Peter Gabriel, vont servir de rattrapage antiapartheid musical...
Sir Bob, anobli par la reine en 1985, encensé avec larmes dans la plume comme un bon père de famille qui élève seul quatre filles après la mort de leur mère, est aussi épinglé comme un habile homme d'affaires reconverti dans la télévision. Qui a cédé son ancienne société de production pour un joli pactole, fait tourner l'actuelle Ten Alps, en raflant un paquet de programmes financés par les chaînes publiques. Sa série Geldof en Afrique accompagne la mobilisation sur la BBC. Le tout accompagné d'un bouquin. Le mélange politique et rock-stars aura fonctionné jusqu'au bout : jeudi soir, Tony Blair expliquait sa bataille en faveur de l'Afrique sur MTV, face à des jeunes de 24 pays, avec un Geldof à ses côtés, tout retourné. «Africa is fucked» : en 2004, de retour en Ethiopie, Geldof aurait sonné l'alarme en appelant Blair pour lui demander de se secouer. La Commission pour l'Afrique est née. Avec saint Bob, il ne faut pas trop évoquer les obstacles et la corruption en Afrique. Il ne faut pas attendre de nuance non plus. Peu importe que son ami Gordon Brown, ministre des Finances britannique, demande davantage d'aide mais soutienne des programmes de réformes économiques aux effets parfois désastreux...
Pari. A quatre jours de l'ouverture du G8, malgré les critiques, Geldof et les siens ont pourtant réussi leur pari. Au Royaume-Uni, le sujet Afrique est incontournable. Par bateau, train et bus spécialement affrétés, chacun est convié au rendez-vous d'Edimbourg (concert de clôture, le 6 juillet au soir). Le G8 de Gleneagles ne sera probablement pas le tournant espéré par les millions de militants investis dans la campagne mondiale contre la pauvreté qui réclament un doublement de l'aide, l'effacement de la dette, et des règles du commerce plus justes en faveur des pays les plus pauvres. Mais l'effet Live 8 en fera une date, moins austère que les lignes absconses d'un communiqué des grandes puissances. Et puis c'est huilé : George Bush a annoncé jeudi un doublement de l'aide américaine d'ici à 2010. Effort modérément salué par les organisations humanitaires, mais cadeau utile pour une mise en scène réussie. Il ne reste plus qu'à demander à Blair de reprendre sa guitare.
Voir les concerts ici : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Live 8, dix grands shows pour refaire le monde.
A l'initiative de Bob Geldof, des concerts ont lieu ce samedi sur toute la planète pour pousser le G8 à tenir ses promesses pour les pays pauvres. Surtout l'Afrique.
Par Armelle THORAVAL
samedi 02 juillet 2005 (Liberation - 06:00)
Londres de notre correspondante
l n'y avait pas d'Internet, pas de blog, pas de possibilité de rester branché en permanence pour regarder U2, Tina Turner, Phil Collins, Mike Jagger ou David Bowie se mobiliser contre la famine en Ethiopie. Vingt ans après le Live Aid de juillet 1985, Bob Geldof, l'ex-chanteur irlandais des Boomtown Rats, espère jusqu'à 5 milliards de téléspectateurs pour sa giga-machinerie de dix concerts qui débutera, décalage horaire oblige, à Tokyo, samedi après-midi heure locale. Lancée le 31 mai, comme un ultime moyen de pression sur les leaders du G8 qui se réunissent du 6 au 8 juillet à Gleneagles, avec un sujet principal, l'aide à l'Afrique, la grosse batterie mondiale devait au départ comporter cinq concerts dans le monde. On en est à dix ce samedi, plus un en clôture le 6 juillet, jour d'ouverture du G8.
Rouleau compresseur. C'est du lourd, en millions de disques vendus. De la vieille valeur sûre Paul McCartney, les Pink Floyd réconciliés, Elton John et Annie Lennox, REM, Neil Young, U2 et Bono, le complice de Geldof et du moins vieux, comme Chris Martin, en figure de la jeune génération impliquée avec Coldplay, Ms Dynamite, Razorlight, Kaiser Chiefs ou The Killers. Le rouleau compresseur est en marche, qui mixe pop et rock-stars, efficacité des «charities» anglaises et monde politique rompu à la com et au marketing. Pas un Britannique ne pourra prétendre ignorer le slogan choc de la campagne : 30 000 enfants meurent chaque jour en Afrique d'extrême pauvreté.
Le lancement, le 31 mai, a été sacrément bordélique. La sono n'était pas au point. Le duplex avec le maire de Philadelphie a quasiment foiré. Bob Geldof s'est plus ou moins énervé sur l'affiche prévue à Paris, en se demandant ce qu'y faisait Johnny Hallyday. Idem à Rome. Geldof a prononcé moins de «fucking»... que d'habitude. Le tout attestait d'une sorte d'urgence et d'impréparation compassionnelle et passionnée, collant avec l'histoire telle qu'elle restera écrite : Bono, le chanteur de U2, et Richard Curtis, producteur, scénariste, vingt ans d'engagement pour la cause de la pauvreté et de l'Afrique à travers Comic Relief, auraient convaincu à la dernière minute Geldof de relancer la grande machine du rock-pop humanitaire pour faire pression sur les leaders mondiaux du G8 réunis en Ecosse. Et «réveiller» les consciences mondiales. Il n'en voyait pas l'utilité, ne voulait pas refaire l'appel charitable de 1985, à-votre-bon-coeur et à vos portefeuilles. Puis, il y a vu l'intérêt d'une démonstration plus politique.
Polémiques. C'était prévisible. D'abord salué, le Live 8 est devenu objet de polémiques. Le groupe Oasis a décliné. Noel Gallagher, son compositeur : «Je ne suis pas convaincu par Live 8. Est-ce qu'un businessman japonais va regarder Keane [sur la scène de Hyde Park] et penser "ouah, nous devrions vraiment effacer cette dette "?» Mais l'essentiel des tirs a concerné le paradoxe qui consiste à vouloir soutenir l'Afrique en ignorant ses musiciens. Accusé de jouer à l'homme blanc qui veut le bien des pauvres nègres, mais sans eux, Geldof a maintenu le cap avec colère. Sur le thème : ce n'est pas avec des musiciens africains inconnus qui ne vendent pas de disques qu'on va faire monter la pression. L'argument cynique a fini par s'épuiser. Johannesburg et un concert purement africain dans les Cornouailles, à l'Eden Project, sous l'aile de Peter Gabriel, vont servir de rattrapage antiapartheid musical...
Sir Bob, anobli par la reine en 1985, encensé avec larmes dans la plume comme un bon père de famille qui élève seul quatre filles après la mort de leur mère, est aussi épinglé comme un habile homme d'affaires reconverti dans la télévision. Qui a cédé son ancienne société de production pour un joli pactole, fait tourner l'actuelle Ten Alps, en raflant un paquet de programmes financés par les chaînes publiques. Sa série Geldof en Afrique accompagne la mobilisation sur la BBC. Le tout accompagné d'un bouquin. Le mélange politique et rock-stars aura fonctionné jusqu'au bout : jeudi soir, Tony Blair expliquait sa bataille en faveur de l'Afrique sur MTV, face à des jeunes de 24 pays, avec un Geldof à ses côtés, tout retourné. «Africa is fucked» : en 2004, de retour en Ethiopie, Geldof aurait sonné l'alarme en appelant Blair pour lui demander de se secouer. La Commission pour l'Afrique est née. Avec saint Bob, il ne faut pas trop évoquer les obstacles et la corruption en Afrique. Il ne faut pas attendre de nuance non plus. Peu importe que son ami Gordon Brown, ministre des Finances britannique, demande davantage d'aide mais soutienne des programmes de réformes économiques aux effets parfois désastreux...
Pari. A quatre jours de l'ouverture du G8, malgré les critiques, Geldof et les siens ont pourtant réussi leur pari. Au Royaume-Uni, le sujet Afrique est incontournable. Par bateau, train et bus spécialement affrétés, chacun est convié au rendez-vous d'Edimbourg (concert de clôture, le 6 juillet au soir). Le G8 de Gleneagles ne sera probablement pas le tournant espéré par les millions de militants investis dans la campagne mondiale contre la pauvreté qui réclament un doublement de l'aide, l'effacement de la dette, et des règles du commerce plus justes en faveur des pays les plus pauvres. Mais l'effet Live 8 en fera une date, moins austère que les lignes absconses d'un communiqué des grandes puissances. Et puis c'est huilé : George Bush a annoncé jeudi un doublement de l'aide américaine d'ici à 2010. Effort modérément salué par les organisations humanitaires, mais cadeau utile pour une mise en scène réussie. Il ne reste plus qu'à demander à Blair de reprendre sa guitare.
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AMSTRAMGRAM- Gourou
-
Age: 38
Date d'inscription: 28/09/2004

Re: Live 8
Ca ressemble un peu à la téléréalité qui se cache derrière de bonnes actions. Un peu aussi comme les réunions du Lyons club ou des Rotary qui s'envoient du foie gars au double de son prix (la moitié pour les bonnes oeuvres)
Les gens qui sont capables de se déplacer pour montrer leurs opinions devraient le faire pour autre chose qu'aller écouter un concert. Contre les riches, massez vous devant les banques (pas les agences de banlieue) devant les ministères, devant les ambassades ou restez chez vous.
Je me demande ce que pense de ça l'africain qui voit crever son gosse parce qu'il n'y a pas de riz alors que tout le monde a sa mitraillette et ses munitions.
Annuler la dette... elle a servi a quoi la dette, a payer des soldats, des armes, des engins de guerre. La ou la nourriture n'arrive pas, les armes sont toujours là. Cette dette a été absorbée par des tyrans qui s'en sont mis plein les poches. Ils ne devront pas rendre, non, ils sont exonères de dette. Ils pourront revenir dans les pays "riches" la tête haute
Ca changera quoi aux populations affamées par les décisions stupides, les manipulations de masses humaines au profit de multinationales qui extraient des minerais ou du pétrole sans qu'aucun habitant du pays n'en profite. Le boulot c'est le boulot
C'est révoltent alors on chante, on danse, on achète le DVD. C'est pénible de danser, la nuit, dans la foule. J'espère que les bénéficiaires éventuels sauront se montrer reconnaissants
Les gens du G8 seront impressionnés... c'est sur. Ils montreront a 8 dans le même véhicule.
En faisant encore une fois un bras d'honneur a l'humanité
Les gens qui sont capables de se déplacer pour montrer leurs opinions devraient le faire pour autre chose qu'aller écouter un concert. Contre les riches, massez vous devant les banques (pas les agences de banlieue) devant les ministères, devant les ambassades ou restez chez vous.
Je me demande ce que pense de ça l'africain qui voit crever son gosse parce qu'il n'y a pas de riz alors que tout le monde a sa mitraillette et ses munitions.
Annuler la dette... elle a servi a quoi la dette, a payer des soldats, des armes, des engins de guerre. La ou la nourriture n'arrive pas, les armes sont toujours là. Cette dette a été absorbée par des tyrans qui s'en sont mis plein les poches. Ils ne devront pas rendre, non, ils sont exonères de dette. Ils pourront revenir dans les pays "riches" la tête haute
Ca changera quoi aux populations affamées par les décisions stupides, les manipulations de masses humaines au profit de multinationales qui extraient des minerais ou du pétrole sans qu'aucun habitant du pays n'en profite. Le boulot c'est le boulot
C'est révoltent alors on chante, on danse, on achète le DVD. C'est pénible de danser, la nuit, dans la foule. J'espère que les bénéficiaires éventuels sauront se montrer reconnaissants
Les gens du G8 seront impressionnés... c'est sur. Ils montreront a 8 dans le même véhicule.
En faisant encore une fois un bras d'honneur a l'humanité

solanar- Maitre du Moaï
-
Age: 70
Date d'inscription: 28/09/2004

Re: Live 8
en ce moment, le numéro 1 des téléchargements sur I-Tunes et Yahoo Music est Sgt. Pepper (bono et mc cartney à londres)

amandine- Fouine
-
Age: 30
Date d'inscription: 28/09/2004

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