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Noir Désir - Le retour ?

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Noir Désir - Le retour ?

Message par Bertaga le Jeu 15 Sep - 10:15

Rock Serge Teyssot-Gay, Denis Barthe et Jean-Paul Roy, guitariste, batteur et bassiste du groupe:
«On pense enfin pouvoir se tourner à nouveau vers la musique»

Par Gilles RENAULT

mardi 13 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

Après la condamnation de Bertrand Cantat pour le meurtre de Marie Trintignant à l'été 2003, les musiciens de Noir Désir affirment avoir bénéficié d'une «union sacrée» dans le milieu artistique. Le guitariste Serge Teyssot-Gay a développé sur disque et sur scène un projet world avec le musicien syrien Khaled Al Jaramani. Le batteur, Denis Barthe, longtemps accaparé par la gestion des affaires du groupe, a produit un disque de reprises du chanteur Arno, puis le nouvel album des Têtes Raides (qui sort cet automne). Le bassiste Jean-Paul Roy, lui, participe à la tournée de Yann Tiersen. A Paris, dans le calme d'un appartement prêté pour l'occasion, en retrait de la cohue citadine, les trois hommes reviennent sur deux années de tourmente, au terme desquelles ils estiment enfin pouvoir recommencer à prendre la parole. Posément. Lucidement. Dignement.

Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui, sur le plan humain et artistique ?

Sereins... autant que faire se peut, après ce qu'on a traversé. On s'est retrouvés dans un tourbillon médiatique auquel il était impossible d'échapper. Pour la première fois, nous ne contrôlions pas ce qui nous arrivait. Il fallait subir, en essayant de gérer. On s'est découverts à la fois plus fragiles et plus forts qu'on l'imaginait. Mais on a su que l'histoire de musique et d'amitié qui nous soude est plus solide que jamais. Quand l'un de nous s'écroulait et appelait au secours, les autres étaient là.

Concernant Noir Désir, nous sommes restés dans un silence quasi total pendant deux ans, pensant n'avoir rien à dire. Question de respect. La peine a été prononcée, Bertrand est rentré en France, où il est en train de la purger. A partir de décembre 2004, nous avons senti l'air autour de nous devenir moins suffocant, la pression a commencé à s'estomper. On pense enfin pouvoir se tourner à nouveau vers la musique. Bien qu'étant encore en recherche d'un équilibre, quelque chose se profile. Nous avons retrouvé un dialogue de groupe.

Avez-vous le sentiment qu'à travers Bertrand Cantat, l'entité Noir Désir en a pris plein la gueule ?

Il y a eu un moment où quiconque manifestait de près ou de loin un soutien, non pas à l'acte ­ que nous avons toujours réprouvé et qui demeure pour nous incompréhensible ­, mais à l'individu Bertrand Cantat, a morflé. Sa famille, ses amis, le groupe. On a été concassés. Il existe une presse, qu'on fuit depuis vingt-cinq ans, qui entretient un fonds de commerce nauséabond, et qui s'en est donné à coeur joie. Nous étions du mauvais côté de la barrière. On nous a même fait savoir, par voie officieuse, que nos condoléances n'étaient pas souhaitées.

Votre premier «live», en 1994, avait un titre fort, «Dies irae». Celui-ci a été baptisé le plus platement possible «En public»...

On ne voulait pas de polémique. Si on avait extrait un morceau, quel qu'il soit, il aurait fait l'objet de toutes les interprétations possibles et imaginables. Là, c'est juste voilà comment on joue, voilà comment on est. Mais sans aucune autocensure. Du DVD En image nous n'avons rien ôté. Ce qu'on avait d'intime et de violent sur scène se retrouve là. Il n'était pas question pour nous de lisser quoi que ce soit, l'amalgame entre Vilnius et Noir Désir relevant du délire pur et simple.

Comment s'était conclue la tournée ?

Habituellement, on finissait tous lessivés, avec l'envie de prendre du recul. Là, pour une fois, on savait qu'il y aurait une suite. Quelques concerts étaient encore en route, l'idée d'un album rapide, basse-guitare-batterie-chant, un truc rock'n roll fait en quinze jours, genre brûlot. On pensait continuer notre chemin.

Où en étiez-vous de la préparation du disque au moment de Vilnius, et quand avez-vous recommencé à y travailler ?

Nous étions en studio. Une dizaine de titres étaient déjà mixés. Nous avons tout arrêté net. Vingt mois après, on a pu à nouveau discuter du groupe ensemble, tous les quatre autour d'une table, et convenir du fait qu'il fallait finir ce disque. De toute façon, soit on décidait de poser définitivement les bagages de Noir Désir, soit on essayait de retrouver, malgré tout, quelque chose de positif, à savoir cette musique qui nous a nourris et sauvés depuis vingt-cinq ans.

Les soixante concerts avaient été enregistrés. On avait déjà fait un tri, mais après Vilnius, nous avons perdu toutes nos notes. Alors il a fallu tout recommencer pour choisir les titres. En réécoutant les premiers mixes, effectués à la sortie de la tournée, les versions nous ont paru assagies. Donc, nous avons opté pour notre propre repère : le son qu'on entend, nous, sur scène.

Nous avons demandé au ministère de la Justice le droit d'impliquer Bertrand dans le processus de travail. La réponse a été positive et nous avons disposé de deux après-midi, durant lesquelles nous avons pu lui faire écouter les mixes. Sur deux ou trois morceaux, il a donné des pistes. Cela nous a permis de vérifier son implication. L'échange passait à nouveau, chacun apportait ses arguments. Ensuite, il a reçu par courrier quelques ébauches de pochettes, mais tout est compliqué par la lenteur inhérente au milieu carcéral.

De quoi est fait le quotidien de Bertrand Cantat ?

Il écoute la radio, se tient au courant comme il peut. On parle un peu musique ensemble, Camille, The Arcade Fire... En prison, il faut tout acheter, serviette, brosse à dents... Pour les livres et disques, c'est le club Dial, le choix est limité. On ne peut rien lui apporter. Il est encore dans une position où il se sent incapable d'avoir la moindre activité créatrice. C'est un élément essentiel de reconstruction qui prendra du temps. Il mène une vie de détenu normal, pas du tout logé à la même enseigne que beaucoup d'escrocs politiques... La dernière fois qu'on l'a vu, il nous a dit qu'il pouvait à nouveau parvenir à se concentrer, sur un livre, un petit moment d'écriture.

Qu'en est-il de l'aspect financier du disque ?

Comme pour nos précédents enregistrements, les royalties de cet album seront divisées en quatre. La part revenant à Bertrand sera versée sur un compte bloqué, destiné à l'éventuelle indemnisation des victimes, si elles en formulent la demande. Ce qui, à ce jour, n'a pas encore été le cas Ñ hormis l'assurance du téléfilm Colette qui demande réparation par voie de justice. Le jugement n'a pas été prononcé, mais les comptes de Bertrand, ainsi que ses droits d'auteur à la Sacem, ont été bloqués.

Vous semble-t-il concevable de reprendre un jour une vie de groupe «normale» ?

Il nous paraît concevable de repartir ensemble, de même qu'il est inconcevable de faire comme si rien ne s'était passé. Si un jour il y a une possibilité et une volonté communes de rejouer, de notre côté, ce sera oui de façon quasiment sûre. Le problème, c'est comment ? Il faudra qu'on discute beaucoup, lucidement, qu'on aille au fond des choses avant de voir la forme que cela pourrait prendre : une simple répétition ? un concert ? un disque ? une tournée ? Sous le nom de Noir Désir ? sous un autre nom ? Une certitude, comme on l'a déjà dit : on tourne une page, sans fermer le livre.

Qu'est-ce qui a changé dans votre vision de la vie ?

Nous sommes plus recentrés sur les choses essentielles. Auparavant, on se prenait la tête sur des aspects artistiques, qui nous semblaient alors primordiaux. Là, où des êtres humains étaient impliqués au sujet d'événements d'une extrême gravité, nous avons été amenés à réfléchir plus que jamais avant d'entreprendre quoi que ce soit. On a aussi appris à beaucoup relativiser, la vie, la mort, le temps... En fait, la personne la plus riche au monde, c'est celle qui peut se permettre de se dire, «aujourd'hui, je ne fais rien d'autre que regarder l'eau couler sous le pont».

Bertaga

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Re: Noir Désir - Le retour ?

Message par la marquise de sade le Mer 28 Sep - 9:41

J'espère qu'ils reviendront, même si ça va être dur de reconquérir un public après ce qui s'est passé.
Mais le geste n'enlève rien des qualités artistiques de Cantat.

la marquise de sade

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Re: Noir Désir - Le retour ?

Message par Bertaga le Mer 28 Sep - 10:10

Je pense que le public leur est resté fidèle. Le problème ça va être d'affronter les médias et le regards des personnes qui ne sont pas fans.

Je pense qu'on aura le droit à de grands débats à la con comme ceux qu'on a pu voir à une autre époque sur "les jeux de rôle et le satanisme", "le milieu goth et le suicide", etc. Ces débat, même s'ils ont égratigné l'image de ces "tribues" aux yeux du grand public, n'ont pas atteint les tribues elles-même.

Je suis clair là ? grat

Bertaga

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Re: Noir Désir - Le retour ?

Message par la marquise de sade le Mer 28 Sep - 10:15

tu veux dire qu'on va associer "le rock alternatif et le meutre" ? grat

Bon, je vais aiguiser mes couteau de cuisine moi... je peux pas me résoudre à écouter Adamo toute la journée

la marquise de sade

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Re: Noir Désir - Le retour ?

Message par Bertaga le Mer 28 Sep - 12:10

C'est bien ce que je pensais... je ne suis pas clair là haut

Bertaga

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Re: Noir Désir - Le retour ?

Message par la marquise de sade le Mar 4 Oct - 21:03

Ca y est ! je l'ai acheté !!
enfin, on me l'a offert serait plus juste sourire
Et c'est comme j'aime amoureux

la marquise de sade

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Re: Noir Désir - Le retour ?

Message par ThY'D le Mer 5 Oct - 0:13

Enfin, comme on dit, "une de tombée... "

ThY'D
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Re: Noir Désir - Le retour ?

Message par amandine le Mer 5 Oct - 8:50

ThY'D a écrit:Enfin, comme on dit, "une de tombée... "

thy'd, ton humour est qq peu douteux
modo

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Re: Noir Désir - Le retour ?

Message par ThY'D le Mer 5 Oct - 8:57

Merde, une femme c'est délicate non ? A défaut de ne pouvoir se contenir, il faut au moins ôter ses bagues avant de lui mettre une torgnole non ? Ce n'est pas de l'humour.

ThY'D
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Re: Noir Désir - Le retour ?

Message par la marquise de sade le Mer 5 Oct - 11:08

sauf si on a des bagues recouvertes d'ouate

la marquise de sade

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