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Vive les prisons !! et Vive les expulsions !!!

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Vive les prisons !! et Vive les expulsions !!!

Message par Bertaga le Jeu 22 Sep - 11:43

«Sauf en Moldavie, je n'ai vu de prison pire que ça»
Un bilan noir du commissaire européen aux droits de l'homme, Alvaro Gil-Robles.

Par Dominique SIMONNOT
jeudi 22 septembre 2005

Alvaro Gil-Robles, commissaire européen aux droits de l'homme, vient de passer seize jours en France. C'est le trente-deuxième pays d'Europe (et dernier, car son mandat prend fin) dont il visite les lieux de «privation de libertés» ­ hôpitaux psychiatriques, prisons, centres de rétention, etc. Après ses observations au gouvernement ­ sévères ­, il rédigera pour fin novembre son rapport, témoin des faits et lieux qu'il a vus lui-même.

Que retenez-vous de votre visite à la prison des Baumettes à Marseille ?

C'est un endroit répugnant ! Des travaux y sont prévus, mais le problème est le nombre de personnes qui y sont incarcérées et je doute qu'on puisse jamais en faire un lieu normal, même en y mettant des milliards. Les gens y sont très excités et c'est normal, entassés comme ils sont ! J'ai été aussi très frappé par la quantité de prisonniers atteints de problèmes psychiatriques. Ce sont des malades et on ne peut ignorer leur droit à être soignés ni les problèmes que cela pose au personnel. Il faut des établissements adéquats où ces malades soient traités dignement. Il faut être clair et net, être en prison, c'est être privé de liberté, et non pas vivre dans un lieu indigne d'êtres humains. Dans ces conditions, les gens sortent de là pires qu'ils n'y sont entrés, pleins de haine contre une société qui les a traités de la sorte. L'intérêt collectif commande que la prison rende possible une réinsertion sociale. La sécurité n'est pas seulement la répression, c'est aussi le respect et la solidarité.

Et le dépôt des étrangers, sous le palais de justice de Paris ?

De ma vie, sauf peut-être en Moldavie, je n'ai vu un centre pire que celui-là ! C'est affreux ! Les gens s'entassent dans un sous-sol sur deux niveaux, sans aération. Ils se promènent dans une cour minuscule grillagée de tous côtés. Au second niveau, on marche sur la grille, au-dessus de ceux du premier niveau. Les fonctionnaires en sont eux-mêmes très gênés. Il faut fermer cet endroit, c'est urgent.

Et le commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris ?

C'est vieux, mais là n'est pas le problème. Je me demande bien pourquoi il faut absolument que les gardés-à-vue dorment à même le sol des cellules, sans matelas. Comme dans d'autres commissariats, d'ailleurs, et cela m'a vraiment surpris ! Dans d'autres pays d'Europe, les gens ont un matelas pour la nuit, à Marseille et à La Courneuve aussi...

La zone d'attente de Roissy ?

Le bâtiment est assez digne, la Croix-Rouge y fait un travail très important. Mais je suis très inquiet des délais et de la manière dont les étrangers doivent former leur demande d'asile. Sur un formulaire, en cinq jours et en français, sans accès à un interprète, sinon payant. Et encore, même ceux qui peuvent payer n'en trouvent pas ! Comment un monsieur arrivant du Bangladesh ou du Yémen peut-il, en cinq jours ­ qui passent à une vitesse folle ­, rédiger son dossier en français ? C'est littéralement impossible et c'est inacceptable !

[... ]

Bertaga

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Re: Vive les prisons !! et Vive les expulsions !!!

Message par Bertaga le Jeu 22 Sep - 14:31

Immigration Roland Gatti, de la Police aux frontières de Metz, reconduit les clandestins : Reconduire «à tour de bras»,«faire du chiffre»

Par Jacky DURAND
mardi 20 septembre 2005

roland Gatti, 52 ans, est gardien de la paix à la Police aux frontières (PAF) de Metz et secrétaire départemental du syndicat général de la police (SGP) Force ouvrière. Il fait partie des 30 fonctionnaires mosellans affectés aux escortes et aux reconduites de clandestins.

Comment se passe votre travail ?

On est à peu près à 54 % de l'objectif de reconduites qui nous a été fixé par le ministère de l'Intérieur pour la Moselle. Soit autour de 700 mesures d'éloignements pour un total de 1 300 à atteindre sur l'année (en 2003, la PAF de Metz a procédé à 650 reconduites, ndlr). On est donc loin du compte. On expulse à tour de bras, on fait les fonds de tiroir. On va chercher tout ce qui peut traîner comme étranger en situation irrégulière. On «fait» beaucoup de familles. Une famille, ça peut faire six personnes. Souvent, ce sont des gens qui sont là depuis plusieurs années. Même les collègues les plus durs chez nous ne comprennent pas.

Un exemple ?

Dernièrement, j'ai pris en charge une famille africaine. La femme était en France depuis quatre ans. Elle faisait des études. Son compagnon avait fait plusieurs demandes d'asile territorial. Entre-temps, ils ont eu un enfant. On constate que le gouvernement expulse de plus en plus de familles. Avec des enfants de trois à sept ans. C'est souvent le gamin qui est ici depuis trois ou quatre ans et qui a appris le Français qui nous sert d'interprète à nous policier. J'ai vécu le cas d'une famille turque. Une petite fille qui nous demandait de lui préciser le sens de certains mots pour les expliquer ensuite à ses parents. C'est poignant. Vous prenez ces gamins et ces parents qui viennent de là où il n'y a rien, ils sont prêts à tout pour s'intégrer. Ce qui est impressionnant, c'est leur volonté de s'intégrer dans la société française. Ce sont des gens cultivés. Ils ont appris à parler le français très vite. Je suis un peu surpris quand j'entends Nicolas Sarkozy dire qu'il veut intégrer les gens. Il y a des personnes déjà très intégrées. Elles inculquent à leurs enfants qu'il faut tout faire pour bien travailler à l'école, pour s'insérer le mieux possible dans la société française. Quand ces enfants rentrent dans le pays de leurs parents, ça ne doit pas être facile.

Et les jeunes majeurs ?

Ça, c'est très très dur. C'est choquant parce que lorsque vous allez chercher ces gamins-là, la seule chose qu'ils emmènent, ce sont leurs cahiers. Ils sont prêts à laisser leur Nintendo ou leur ballon de foot, leur jouet. Même si leurs parents sont modestes, ils essaient d'apporter quelque chose à leurs gosses. Le gamin, lui, il veut repartir avec ses livres de classe, le savoir qu'il a acquis en France. Certains ministres devraient venir voir ces jeunes-là. Evidemment, on ne peut pas accepter tous les étrangers en France, mais si ces gens viennent ici, c'est qu'ils sont mal chez eux. Il faut que l'Etat sache qu'en les reconduisant par la porte, ils vont revenir par la fenêtre. On a reconduit un Turc que j'avais connu à l'époque où j'étais en sécurité publique. Quinze jours après avoir été ramené à Istanbul, il était de retour ici. J'ai escorté un Algérien ce matin. Ça fait cinq ans qu'il était en France. Il travaillait, cotisait pour sa protection sociale. Il s'est fait interpeller à Thionville, va être reconduit dans son pays. Il est maçon-carreleur. Son patron est embêté. C'est un excellent ouvrier...

Qu'elle est la situation dans les centres de rétention ?

C'est de pire en pire. Les centres de rétention sont pleins à craquer. Faute de place, on est obligé d'emmener des gens de Metz à Toulouse, à Bordeaux, à Lille et de faire ainsi des milliers de kilomètres. Alors qu'ils n'ont pas un an, tous nos véhicules dépassent les 10 000 kilomètres...

A quoi peuvent servir les primes au mérite dans un tel contexte?

C'est une connerie. Jouer avec des familles pour faire du chiffre, c'est inadmissible.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=324984

Bertaga

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Re: Vive les prisons !! et Vive les expulsions !!!

Message par Bertaga le Ven 23 Sep - 17:27

Ca rigole pas avec Sarko !!!!

Un policier menacé de sanctions pour avoir critiqué les reconduites à la frontière
LE MONDE | 23.09.05 |

Le gardien de la paix Rolland Gatti est aujourd'hui un homme seul. Une enquête disciplinaire vise ce fonctionnaire affecté à la police aux frontières (PAF) de Metz et chargé de la reconduite des étrangers en situation irrégulière. Il encourt une sanction administrative pour avoir contrevenu au "devoir de réserve" auquel sont tenus les policiers.


M. Gatti a critiqué la politique du gouvernement en matière de reconduite à la frontière dans deux entretiens, accordés les 20 et 21 septembre au quotidien Libération et à la radio RMC . Il s'en prenait aux objectifs chiffrés fixés par le ministère de l'intérieur en Moselle. "On expulse à tour de bras, déclarait-il à Libération , on fait les fonds de tiroir. On va chercher tout ce qui peut traîner comme étranger en situation irrégulière." Ou, plus loin : "Jouer avec des familles pour faire du chiffre, c'est inadmissible."

Le policier croyait pouvoir tenir ces propos en toute liberté, abrité derrière son mandat de représentant local du Syndicat général de la police (SGP). C'est d'ailleurs à ce titre qu'il s'est exprimé dans les différents organes de presse. Les responsables nationaux du SGP ne l'ont pas entendu de cette oreille. Après avoir pris connaissance des déclarations de leur adhérent, ils l'ont désavoué dans un communiqué rendu public le 20 septembre. "Ces propos n'engagent que M. Gatti et en aucun cas le SGP, est-il notamment écrit. M. Gatti n'est en aucune manière mandaté pour parler en son nom."

L'un des dirigeants du SGP, le secrétaire général adjoint, Gilles Wiart, a profité d'une commission technique paritaire réunissant les syndicats et le directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, le 20 septembre, pour se dire "surpris" des déclarations de M. Gatti. "Je considère que les policiers de la PAF sont des humanistes, affirme M. Wiart. Il n'y a pas d'acharnement de leur part ou d'opérations ciblées. Ils ne font ni plus ni moins qu'exécuter les décisions de justice ou administratives."


UN RISQUE DE MUTATION DISCIPLINAIRE


M. Gatti a été l'objet d'une première audition disciplinaire, mercredi 21 septembre, à Metz, au cours de laquelle il lui a été demandé de s'expliquer sur ses déclarations. L'administration attend les conclusions de l'enquête pour prendre une décision, qui pourrait être une mutation disciplinaire.

L'incident intervient alors que le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, a placé la lutte contre l'immigration irrégulière au rang de ses priorités. Il l'a redit aux préfets lors d'un discours tenu devant eux, le 9 septembre, précisant que cet objectif devait "constituer le deuxième axe majeur de - leur - action". M. Sarkozy avait évoqué à nouveau, au cours de cette réunion, les "objectifs chiffrés" de 23 000 éloignements d'étrangers en 2005. "Sur huit mois, 56 % des objectifs ont été atteints, a ajouté le ministre. Il vous reste donc cinq mois pour accentuer l'effort."

"Les reconduites à la frontière, c'est l'une des choses les plus délicates du métier", témoigne le secrétaire général du syndicat Alliance, Jean-Luc Garnier. "Nous ne sommes pas maître d'oeuvre, dit-il, contestant les propos de M. Gatti, ce sont les juges ou les préfets qui ordonnent. Nous nous contentons d'exécuter les décisions."

La multiplication des reconduites suscite des difficultés : encombrement des centres de rétention administrative, nécessité d'accomplir plusieurs centaines de kilomètres pour trouver des places aux personnes en attente d'expulsion du territoire... "Il est vrai qu'il est très difficile de trouver des volontaires pour rejoindre les unités spécialisées de la PAF, admet M. Garnier. Ce travail est souvent une source d'ennuis. Pour effectuer les reconduites, le ministère est donc contraint de recourir à des policiers d'autres services, qui sont, en général, plutôt réticents." Mais qui n'en parlent pas aux médias.

Pascal Ceaux

Bertaga

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