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un petit conte

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un petit conte

Message par calumette le Dim 9 Avr - 13:59

éditions : les perles de l'âme.
Le chevalier à l'armure rouillée de Robert Fisher

Il y a fort longtemps, un vaillant chevalier combattait les méchants, tuait les dragons et sauvait les demoiselles en détresse. Il se croyait bon, gentil et plein d'amour. Il était fier de sa magnifique armure qui brillait de mille feux, et ne la quittait jamais, même pour dormir. Seulement, un beau jour, en voulant l'enlever, il se retrouva coïncé ...

Ainsi commença pour lui une quête initiatique, la recherche de sa véritable identité, au gré de rencontres insolites et d'épreuves riches d'enseignement. En parvenant au "Sommet de la Vérité", il deviendra alors ce qu'il n'avait jamais cessé d'être, un homme au coeur pur, libre de toute illusion et de peur.

"ce n'est pas de ma faute si je suis coïncé dans cette armure. Je devais la porter pour être prêt à partir à la bataille. Autrement, comment aurais-je pu conquérir de beaux châteaux et de beaux chevaux pour vous ma bien-aimée et notre fils ?" …

Sac à malices, bouffon du roi, rencontre le chevalier et lui chante "Les problèmes jamais ne me bercent. Ils sont des occasions pour avancer"… "Nous sommes tous dans une armure enfermés. La tienne est seulement plus facile à trouver."

Le chevalier commence donc son voyage à la recherche du sage (nommé Merlin dans le livre).

Le chevalier dit à Merlin :
"Je vous cherchais, je suis perdu depuis des mois."

Merlin lui répond :
"Pas des mois, toute ta vie" corrigea-t-il.

"Je n'ai pas fait tout ce chemin pour être insulté !"

Merlin : "peut-être as-tu toujours pris la vérité pour une insulte !" "tu as beaucoup de chance, tu es trop faible pour t'enfuir".

Chevalier : "que voulez-vous dire par là ?

Merlin sourit : "on ne peut pas courir et apprendre en même temps. Il faut rester un certain temps au même endroit"

Merlin lui offre une boisson d'une étrange couleur.

Chevalier : "qu'est-ce que c'est ?" regardant le breuvage d'un œil méfiant.

Merlin : "tu as terriblement peur. Evidemment, c'est la principale raison qui t'a poussé à mettre ton armure au-dessus de tout"

Le chevalier but. Les premières gorgées lui parurent amères, les suivantes plus agréables et les dernières tout à fait délicieuses. Il demanda à Merlin : "qu'est-ce que c'est ?"

"La vie" lui répond Merlin.

La vie ?

Oui, dit le sage magicien . Ne l'as-tu pas trouvée amère au début, puis au fur et à mesure que tu buvais, de plus en plus agréable ?"

"Si, si" répondit le Chevalier.

Merlin : "c'est quand tu as accepté ce que tu étais en train de boire"

"Voulez-vous dire par là que la vie est agréable quand on l'accepte ?" demande le Chevalier

"N'est-ce pas vrai ?" répliqua Merlin

"Croyez-vous que je vais garder cette armure ? demanda le Chevalier

"Ah, dit Merlin, tu n'es pas né avec elle. Tu te l'es mise. Ne te serais-tu jamais demandé pourquoi ?

Pourquoi pas ? dit le chevalier irrité. Il n'était pas habitué à réfléchir ainsi.

"Tu auras les idées plus claires quand tu auras retrouvé tes forces" dit Merlin.

Chaque jour le chevalier posait la même question à Merlin :
"quand pourrais-je sortir de cette armure ?

Chaque jour Merlin lui répondait : "Patience, tu la portes depuis très longtemps. Tu ne peux pas t'en débarrasser si vite !"

Le chevalier posa la question : "Etiez-vous vraiment le maître du roi Arthur ?

Le visage de Merlin s'illumina : "oui, j'ai été le maître du roi Arthur".

"Mais comment pouvez-vous être encore vivant ?" demanda le chevalier.
Merlin : "le passé, le présent, le futur ne font plus qu'un quand on est relié à la Source"

"Qu'est-ce que la Source ?'"

Merlin "c'est la puissance mystérieuse, invisible, qui est à l'origine de tout"

"Je ne comprends rien" dit le chevalier.

Merlin : "c'est parce que tu essaies de comprendre avec ta tête, mais ta tête est limitée. Tu as peut-être une très bonne tête et intelligente mais c'est elle qui t'a emprisonné dans cette armure" Tu as mis cette armure parce que tu avais peur. N'est-ce pas vrai ?"

Chevalier : "non, je la portais pour me protéger quand j'allais me battre"

Merlin : "et tu avais peur d'être blessé ou de te faire tuer"

"Comme tout le monde" dit le Chevalier

Merlin secoua la tête : "qui t'a dit d'aller te battre ?"

"Je devais prouver que j'étais un chevalier, bon, gentil et plein d'amour" dit le Chevalier

Merlin : "si tu étais réellement bon, gentil et plein d'amour, pourquoi avais-tu besoin de le prouver ?"

Le chevalier s'endormit pour échapper à cette pensée.

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Re: un petit conte

Message par calumette le Dim 9 Avr - 14:02

Le lendemain, il se réveilla avec une idée horrible dans la tête :
"se pourrait-il qu'il ne soit pas bon, gentil et plein d'amour ?"

« Et pourquoi cherches-tu toujours chez les autres les réponses à tes propres questions ? » demande Merlin

« Ce Merlin ! des fois il me tape sur les nerfs ! » pensa le chevalier en colère.

Il se laissa lourdement tomber afin de réfléchir aux questions du magicien.

Que pensait-il lui ? « Se pourrait-il que je ne sois pas bon, gentil et plein d’amour ? »

.. « cela se pourrait, dit une petite voix,. Autrement, pourquoi serais-tu assis sur ma queue ? »

Le chevalier regarda par terre et vit un petit écureuil assis à côté de lui.

« Oh excuse-moi, je ne vois pas très bien avec cette visière qui me gêne ! » dit le Chevalier.

« Je m’en doute, répondit l’écureuil, c’est pourqoi il te faut sans cesse t’excuser auprès des gens de leur avoir fait mal ».

« A part un petit malin de magicien, il n’y a rien qui m’irrite davantage qu’un petit malin d’écureuil » dit le Chevalier.

Soudain, saisit d’étonnement, le chevalier laissa échapper : « eh … mais nous sommes en train de nous parler ! les animaux ne parlent pas pourtant !»

Le chevalier secoua la tête de perplexité. « Tu m’avais déjà parlé ? »

« Certainement, chaque fois que j’en ai eu l’occasion »

« Comment se fait-il que je t’entende maintenant, alors que je ne t’entendais pas à ce moment-là ? » dit le chevalier

« J’admire ton esprit curieux, commenta l’écureuil, mais ne peux-tu jamais accepter une chose telle qu’elle est – simplement parce qu’elle est ? »

Stupéfait, le chevalier secoua la tête. Avait-il imaginé toute cette scène ? A ce moment là, il vit Merlin approcher. « Merlin, il faut je m’en aille d’ici. Je me suis mis à parler avec les écureuils »

« Splendide » répond Merlin

Le chevalier troublé « Que voulez-vous dire par là ? »

« Rien d’autre. Tu deviens suffisamment sensible pour percevoir les vibrations de ceux qui t’entourent . Tu n’as pas parlé avec l’écureuil en mots, mais tu as senti ses vibrations et traduit ces vibrations en mots. J’attends le jour où tu parleras aux fleurs !»

Le chevalier : « ce sera le jour où vous les planterez sur ma tombe. Il faut que je quitte ce bois !»

« Où irais-tu ? » demande Merlin

« Je retournerai chez ma bien-aimée et notre fils. Il y a trop longtemps qu’ils sont seuls. Il faut que je rentre m’occuper d’eux » dit le Chevalier

« Comment pourrais-tu t’occuper d’eux alors que tu ne peux même pas t’occuper de toi ? » Merlin

« Mais ils me manquent. Je veux revenir chez eux, même en piteux état »

« Et c’est exactement ce que tu feras si tu y vas coincé dans ton armure » l’avertit Merlin

Le chevalier regarda tristement Merlin : « je ne peux pas attendre d’enlever mon armure, je veux rentrer tout de suite. Je serai un mari bon, gentil et plein d’amour et un père formidable »

Merlin hocha la tête de compréhension. Il dit au chevalier que c’était très généreux de sa part de vouloir donner le meilleur de lui-même « Mais un cadeau, pour être un cadeau, doit être accepté. Autrement il devient un fardeau entre les gens ».

Il lui proposa de faire parvenir une lettre à son fils pour lui demander s’il désire qu’il revienne. « Ils me donneront une 2e chance. Après tout, je suis l’un des meilleurs chevaliers du royaume » dit le chevalier.

« Peut-être cette armure est-elle plus épaisse qu’elle en a l'air », dit doucement Merlin

Une semaine passa sans nouvelles. Le chevalier s’inquiétait de plus en plus. Puis l’oiseau revint avec une lettre. Le chevalier la prit.

« Il n’y a riend d’écrit » s’exclama le chevalier. « Qu’est-ce que cela signifie ? »

Merlin : « cela signifie que ton fils ne te connaît pas assez pour te donner une réponse »

Le chevalier resta debout, hébété, puis il poussa un gémissement et s’effrondra lentement sur le sol. Il s’efforça de retenir ses larmes, car les chevaliers en brillante armure, tout simplement, ne pleurent pas. Mais très vite il fut submergé par le chagrin. Puis, épuisé et à moitié noyé par les larmes qui avaient inondé son heaume, il tomba dans le sommeil.

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Re: un petit conte

Message par calumette le Mer 12 Avr - 12:39

Chapitre : « le chemin de la Vérité »

Lorsque le chevalier se réveilla, Merlin était assis à côté de lui. « Je suis désolé de ne pas m’être conduit en chevalier, ma barbe est toute mouillée »

Merlin : « ne t’excuse pas, tu as simplement fait le premier pas pour t’extraire de ton armure »

« que voulez-vous dire ? »

Merlin : « tu verras. Il est temps pour toi de partir »

Cette nouvelle troubla le chevalier. Il n’avait apparemment aucun endroit où aller. Sa bien-aimée et son fils ne semblaient pas souhaiter son retour. Evidemment il pouvait retourner à ses affaires de chevalerie, mais se battre n’avait plus de sens pour lui.

Merlin lui rappela son nouveau but : se débarasser de son armure.

le chevalier morose : « à quoi bon ? Il importe peu à ma bien-aimée et mon fils que je m’en débarasse »

Merlin lui suggéra : « fais le pour toi même. Le fait d’être emprisonné dans cet acier t’a posé beaucoup de problèmes, qui ne feront que s’aggraver avec le temps. Tu risques même de mourir d’une pneumonie avec ta barbe mouillée »

Le chevalier : « je suis fatigué de la traîner partout. »

Merlin « et quand as-tu pour la dernière fois senti la chaleur d’un baiser, humé le parfum d’une fleur, entendu une belle mélodie, sans avoir ton armure au travers de ton chemin ? »

le chevalier marmonna tristement : « je ne sais plus trop. Vous avez raison, c’est pour moi-même que je dois l’enlever »

Le chevalier demanda mal à l’aise : « mais comment changer ? »

Merlin : « ce n’est pas aussi difficile qu’il y paraît, voilà le chemin que tu as suivi pour entrer dans ces bois. Tu peux le reprendre en sens inverse si tu le désires, mais il conduit à la malhonnêteté, à l’avarice, à la haine, à la jalousie, à la peur et à l’ignorance ».

le chevalier indigné : « êtes-vous en train de me dire que j’ai tous ces défauts ?

Merlin « il y a des moments où tu en as certains »

Le magicien montra alors un autre sentier, plus étroit que le premier et très raide. C’est le chemin de la Vérité. Il mène au sommet d’une lointaine montagne et là, il devient encore plus raide.

le chevalier : « je ne suis pas certain que cela en vaille la peine. Qu’aurai-je à mon arrivée au sommet ? »

Merlin : « ce que tu n’auras plus c’est ton armure ! »


Merlin donna au Chevalier une magnifique clé d’or « cette clé ouvrira la Porte des 3 chateaux qui te barreront la route. Le 1er château s’appelle Silence, le 2e Connaissance et le 3e Volonté et Audace. Une fois à l’intérieur, tu ne trouveras la sortie qu’après avoir appris ce que tu es censé apprendre. »

Pour le chevalier, ce programme n’était pas aussi amusant que de sauver des princesses. « Pourquoi ne peut-on pas les contourner ? » demanda-t-il le ton boudeur.

« Si tu le fais, tu ne retrouveras pas ta route et tu es sûr de te perdre. Le seul et unique chemin qui te permette d’arriver au sommet de la montagne traverse ces 3 chateaux » dit Merlin avec fermeté.

Le chevalier sentit que ce voyage allait être beaucoup plus difficile qu’une croisade.

Merlin perçu les pensées du chevalier « oui, tu as une autre bataille à livrer sur le Chemin de la Vérité : apprendre à t’aimer toi-même ».

« Mais comment ? » demanda le chevalier

« Il faudra commencer par apprendre à te connaître. Comme ce n’est pas avec ton épée que tu gagneras la bataille, tu peux la laisser ici. Si tu as un problème que tu n’arrives à résoudre, appelle-moi et je viendrai ».

« Voulez-vous dire que vous pouvez apparaître là où je serai, quel que soit l’endroit ? »

« Tout magicien qui se respecte en est capable » puis Merlin disparut.

Le chevalier se mit en route avec l’écureuil et l’oiseau. Le soir venu, il sombra dans le sommeil.

Le lendemain matin, il fut réveillé par le soleil qui éclaboussait. Inaccoutumé à un tel éclat, il grimaça. Sa visière n’avait jamais laissé passer tant de lumière ! Comme il tentait de comprendre le phénomène, il se rendit soudain compte qu’il y voyait mieux que la veille et qu’il sentait l’air frais sur son visage. Une partie de sa visière s’était cassée et était tombée ! « comment cela a-t-il pu se produire ? » se demanda-t-il.

Ecureuil répondit à sa question non formulée « elle a rouillé, puis est tombée »

« Mais comment ? » demanda le chevalier

« A cause des larmes que tu as versées lorsque tu as vu le billet sans un mot de ton fils »

Le chevalier réfléchit. Son chagrin avait été si profond que son armure n’avait pu l’en protéger. Tout au contraire, ses larmes avaient commencé à briser l’acier qui l’entourait.

« C’est ça ! cria-t-il, les larmes des véritables sentiments me libéreront de mon armure ! »

Tous 3 continuèrent leur escalade. Ce fut une journée particulièrement merveilleuse pour le chevalier. Il regarda de près la tête de quelques rouges-gorges et vit qu’il sn’étaient pas tous pareils. Il le fit remarquer à l’oiseau. Il lui répondit : « tu commences à voir les nuances qui existent dans d’autres formes de vie, parce que tu commences à voir celles qui existent en toi-même ».

Le chevalier tenta de comprendre ce que voulait exactement dire l’oiseau mais il était trop fier pour le demander, car il avait toujours l’idée qu’un chevalier se devait d’être plus intelligent qu’un pigeon.

Ecureuil revint en bondissant « le château du Silence est juste là »

Excité à la pensée de voir le château, le chevalier pressa le pas. Il avoua sa déception en le voyant. Il s’attendait à un bâtiment fantastique alors que ce château ressemblait à tous les autres ;

L’oiseau lui dit : « quand tu auras appris à accepter au lieu d’espérer, tu seras moins souvent décçu »

Le chevalier acquiesça à cette sagesse « j’ai passé la plus grande partie de ma vie à être déçu. Je commence à penser que les animaux sont plus intelligents que les êtres humains »

« Si tu dis ça, c’est que tu es aussi intelligent que nous » répliqua Ecureuil.

« Je ne crois pas que cela ait quelque chose à voir avec l’intelligence, intervint le pigeon. Les animaux acceptent et les êtres humains attendent. On n’entendra jamais un lièvre dire : ce matin, j’attends que le soleil paraisse pour aller jouer près du lac ! Si le soleil ne paraît pas, cela ne gâchera pas sa journée. Il est heureux du simple fait d’être un lièvre »

Le chevalier rumina cette idée. Il ne trouva pas beaucoup de gens qui, dans son souvenir, étaient heureux du simple fait d’être des hommes.

Ils arrivèrement au château, le chevalier tira la clé d’or de son cou et l’introduisit dans la serrure. Les animaux : « nous n’entrons pas avec toi »

Le chevalier qui commençait à aimer les 2 animaux et à leur faire confiance, fut déçu. Il faillit le dire mais se retint. Il était encore en train d’attendre.

Le chevalier hésitait. Ecureuil dit : « nous pouvons te montrer la Porte, mais tu dois la franchir seul. On se retrouve de l’autre côté »

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Re: un petit conte

Message par calumette le Ven 29 Sep - 13:05

« Voulez-vous dire que vous pouvez apparaître là où je serai, quel que soit l’endroit ? »

«Tout magicien qui se respecte en est capable» puis Merlin disparut.

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Re: un petit conte

Message par betty boop le Dim 1 Oct - 9:50

l'ensemble du bouquin est pouce et pourtant je ne suis pas fan habituellement de lectures de ce style

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Re: un petit conte

Message par calumette le Dim 1 Oct - 17:25

betty boop a écrit:l'ensemble du bouquin est pouce et pourtant je ne suis pas fan habituellement de lectures de ce style


je suis bien contente qu'il t'est plu coucou ... c'est un livre qui s'offre facilement. Il est particulièrment riche d'enseignements si toutefois on y prête une attention particulière (au-delà du mot).

C'est tout simplement une approche de la spiritualité sourire

Ecureuil dit : « nous pouvons te montrer la Porte, mais tu dois la franchir seul. On se retrouve de l’autre côté »

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Re: un petit conte

Message par calumette le Lun 2 Oct - 14:04

« tu commences à voir les nuances qui existent dans d’autres formes de vie, parce que tu commences à voir celles qui existent en toi-même »

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Re: un petit conte

Message par calumette le Ven 6 Oct - 9:18


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Re: un petit conte

Message par calumette le Ven 6 Oct - 10:30

kiss1 kiss2


Dernière édition par le Ven 6 Oct - 10:33, édité 1 fois

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Re: un petit conte

Message par calumette le Ven 6 Oct - 10:33

Il était une fois une petite fille
qui ne trouvait jamais les mots
pour dire ce qu'elle ressentait.
Chaque fois qu'elle tentait de s'exprimer,
de traduire ce qui se passait à l'intérieur
d'elle, elle éprouvait une sorte de vide.

Les mots semblaient courir plus vite
que sa pensée. Ils avaient l'air
de se bousculer dans sa bouche
mais n'arrivaient pas à se mettre ensemble
pour faire une phrase.

Dans ces moments-là, elle devenait agressive,
violente, presque méchante.
Et des phrases toutes faites, coupantes,
cinglantes sortaient de sa bouche.
Elles lui servaient uniquement à couper
la relation qui aurait pu commencer.

De toute façon tu peux pas comprendre.
Ca sert à rien de dire.
C'est des bêtises de croire qu'il faut tout dire!

D'autres fois, elle préférait s'enfermer
dans le silence, avec ce sentiment douloureux.
Que de toute façon personne ne pouvait
savoir ce qu'elle ressentait,
qu'elle n'y arriverait jamais.
Que les mots ne sont que des mots.

Mais tout au fond d'elle-même,
elle était malheureuse, désespérée, vivant
une véritable torture à chaque
tentative de partage.

Un jour, elle entendit un poète qui disait
à la radio que "Il y a chez tout être humain
un chemin des mots qu'il appartient à
chacun de trouver."
Et, dès le lendemain, la petite fille
décida de partir sur le chemin des mots
qui était à l'intérieur d'elle.

La première fois où elle s'aventura sur
le chemin des mots, elle ne vit rien.
Seulement des cailloux, des ronces,
des branchages, des orties,
et quelques fleurs piquantes.
Les mots du chemin des mots semblaient
se cacher, paraissaient la fuir.

La seconde fois où elle chemina sur le
chemin des mots, le premier mot qu'elle vit
sur la pente d'un talus fut le mot OSER.
Quand elle s'approcha , ce mot osa lui parler.
Il dit d'une voix exténuée:
Veux-tu me pousser un peu plus haut sur le talus ?
Elle lui répondit:
je crois que je vais te prendre avec moi
et que je vais t'emmener très loin dans ma vie.

Une autre fois, elle découvrit que les mots
étaient comme des signes sur le bord
de ce chemin et que chacun avaient
une forme différente et un sens particulier.

Le deuxième mot qu'elle rencontra fut le mot VIE.
Elle le ramassa, le mit contre son oreille.
Tout d'abord, elle n'entendit rien.
Mais en retenant sa respiration, elle perçut
comme un petit chuchotement:
je suis en toi, je suis en toi
et plus bas encore: prend soin de moi.
Mais là, elle ne fut pas très sûre
d'avoir bien entendu.

Un peu plus loin sur le chemin des mots,
elle trouva un petit mot tout seul,
recroquevillé sur lui-même, tout frileux
comme s'il avait froid. Il avait vraiment
l'air malheureux ce mot-là.

Elle le ramassa, le réchauffa un peu,
l'approcha de son coeur et entendit
un grand silence. Elle le caressa et lui dit:
Comment tu t'appelles-toi ?
Et le petit mot qu'elle avait ramassé
lui dit d'une voix nouée:
Moi, je suis le mot SEUL.
je suis vraiment tout seul. Je suis perdu,
personne ne s'intéresse à moi,
ni ne s'occupe de moi
Elle serra le petit mot contre elle,
l'embrassa doucement et poursuivit sa route.

Près d'un fossé sur le chemin des mots,
elle vit un mot à genoux, les bras tendus.
Elle s'arrêta, le regarda
et c'est le mot qui s'adressa à elle:
Je m'appelle TOI lui dit-il.
Je suis un mot très ancien mais difficile à rencontrer
car il faut me différencier sans arrêt des autres.
La petite fille le prit en disant:
J'ai envie de t'adopter, toi,
tu seras un bon compagnon pour moi.

Sur le chemin des mots elle rencontra d'autres mots
qu'elle laissa à leur place. Elle chercha un mot
tout joyeux, tout vivant.
Un mot qui puisse scintiller dans la nuit
de ses errances et de ses silences.

Elle le trouva au creux d'une petite clairière.
Il était allongé de tout son long,
paraissait détendu les yeux grands ouverts.
Il avait l'air d'un mot tout à fait heureux d'être la.
Elle s'approcha de lui, lui sourit et dit:
C'est vraiment toi que je cherchait,
je suis ravie de t'avoir trouvé.
Veux-tu venir avec moi ?
Il répondit: Bien sûr, moi aussi je t'attendais...
Ce mot qu'elle avait trouvé était le mot VIVRA.

Quand elle rassembla tous les mots
qu'elle avait recueillis sur le chemin des mots,
elle découvrit avec stupéfaction qu'ils
pouvaient faire la phrase suivante:
Ose ta vie, toi seule la vivras,
elle répéta plus lentement:

Ose ta vie, toi seule la vivras.

Depuis ce jour, la petite fille prit l'habitude
d'aller se promener sur le chemin des mots.
Elle fit ainsi des découvertes étonnantes, et ceux qui la
connaissent furent très surpris d'entendre tout ce que
cette petite fille avait à l'intérieur d'elle.
Ils furent étonnés de toute la richesse qu'il y avait
dans une petite fille très silencieuse.
Ainsi se termine le conte de la petite fille
qui ne trouvait jamais les mots pour se dire.

un inconnu ou une inconnue

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Re: un petit conte

Message par calumette le Sam 7 Oct - 12:23

Une légende raconte qu'au commencement du monde, quand Dieu décida de créer la femme, il trouva qu'il avait épuisé tous les matériaux solides dans l'homme
et qu'il ne disposait plus de rien.


Devant le dilemme et après une profonde méditation, voilà ce qu'il fit.

Il prit la rondeur de la lune,

Les suaves courbes des vagues,

La tendre adhérence du liseron,

Le tremblant mouvement des feuilles,

La sveltesse du palmier,

La teinte délicate des fleurs,

L'amoureux regard du cerf,

La joie du rayon du soleil et

Les gouttes des pleurs des nuages,

L'inconstance du vent et la fidélité du chien,

La timidité de la tourterelle et la vanité du paon,

La suavité de la plume du cygne et

La dureté du diamant,

La douceur de la colombe et la cruauté du tigre,

L'ardeur du feu et la froideur de la neige.

Il mélangea ces ingrédients si divers, forma la femme et la donna à l'homme.

Une semaine après l'homme vint et lui dit :

"Seigneur, la créature que tu m'as donnée me rend malheureux, elle requiert toute mon attention, ne me laisse jamais seul, bavarde intensément, pleure sans motif, s'amuse à me faire souffrir et je viens te la rendre car JE NE PEUX PLUS VIVRE AVEC ELLE.

"Bien", répondit Dieu, "Si tel est ton souhait".... et il reprit la femme.

Une semaine après, l'homme revint et lui dit :

"Seigneur, je me sens très seul depuis que je t'ai rendu la créature que tu as faite pour moi,

Elle chantait et jouait à mon côté,

Elle me regardait avec tendresse et son regard était une caresse,

Elle riait et son rire était musique,

Elle était belle à voir et douce au toucher.

Rends-la-moi car JE NE PEUX PAS VIVRE SANS ELLE... Sans elle, je ne suis pas VIVANT."


calumette

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